Les anciens prix goncourt Le prix Goncourt est un prix littéraire français récompensant des auteurs d'expression française, créé par le testament d'Edmond de Goncourt en 1892. La Société littéraire des Goncourt, dite Académie Goncourt, est officiellement fondée en 1902 et le premier prix Goncourt proclamé le 21 décembre 1903. En 2003 le prix Goncourt fête son centenaire, véritable événement dans l'histoire des lettres françaises.

A l'occasion de l'actualité de l'académie littéraire et de son Prix littéraire nous vous proposons de redécouvrir les livres primés et leurs auteurs pour répondre aux questions :

  1. Qui sont les derniers prix goncourt (de 2001 à 2022)
  2. Qui a obtenu le prix goncourt (de 1903 à 2022)
  3. Qui a eu 2 fois le prix goncourt ?

Le vote du jury révèle le métier d'écrivain et met en perspective la littérature française depuis 1903 jusqu'à 2022.



Prix Goncourt de 2001 à 2022 - Tous les lauréats


Retrouvez pour les Prix Goncourt 2001 à 2022 le descriptif du roman.

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Mise à jour le lundi 4 juillet 2022 à 15h18

Prix Goncourt 2021


Mohamed Mbougar Sarr a reçu, ce mercredi 3 novembre 2021, le prix Goncourt 2021 pour son roman La Plus secrète mémoire des hommes, paru aux éditions Philippe Rey. Il succède ainsi à Hervé Le Tellier, lauréat de l’édition précédente, récompensé pour son livre L’anomalie et devient le premier écrivain d’Afrique subsaharienne à être consacré par ce prix. Il est aussi un des plus jeunes lauréats.


Prix Goncourt 2021 pour Mohamed Mbougar Sarr et son roman « La Plus Secrète Mémoire des hommes »Le prix Goncourt 2021 pour Mohamed Mbougar Sarr et son roman « La Plus Secrète Mémoire des hommes ». D'une perpétuelle inventivité, La plus secrète mémoire des hommes est un roman étourdissant, dominé par l'exigence du choix entre l'écriture et la vie, ou encore par le désir de dépasser la question du face-à-face entre Afrique et Occident. Il est surtout un chant d'amour à la littérature et à son pouvoir intemporel.

“Il faut avoir toujours conscience que l’essentiel du travail de l’écriture se joue ailleurs. Cet ailleurs-là est très différent des prix littéraires. Il y a la vie littéraire, il y a la littérature, il y a les livres, et il y a les prix littéraires.”

Un magistral roman d'apprentissage, une saisissante enquête sur les traces d'un mystérieux auteur menée par un jeune écrivain africain à Paris En 2018, Diégane Latyr Faye, jeune écrivain sénégalais, découvre à Paris un livre mythique, paru en 1938 : Le Labyrinthe de l'inhumain. On a perdu la trace de son auteur, qualifié en son temps de " Rimbaud nègre ", depuis le scandale que déclencha la parution de son texte. Diégane s'engage alors, fasciné, sur la piste du mystérieux T. C. Elimane, où il affronte les grandes tragédies que sont le colonialisme ou la Shoah. Du Sénégal à la France en passant par l'Argentine, quelle vérité l'attend au centre de ce labyrinthe ? Sans jamais perdre le fil de cette quête qui l'accapare, Diégane, à Paris, fréquente un groupe de jeunes auteurs africains : tous s'observent, discutent, boivent, font beaucoup l'amour, et s'interrogent sur la nécessité de la création à partir de l'exil. Il va surtout s'attacher à deux femmes : la sulfureuse Siga, détentrice de secrets, et la fugace photojournaliste Aïda... D'une perpétuelle inventivité, La plus secrète mémoire des hommes est un roman étourdissant, dominé par l'exigence du choix entre l'écriture et la vie, ou encore par le désir de dépasser la question du face-à-face entre Afrique et Occident. Il est surtout un chant d'amour à la littérature et à son pouvoir intemporel.



“J’appartiens à un espace dit francophone, duquel la France peut tenter de s’exclure, d’oublier qu’elle appartient à cet espace-là. De cet espace, on peut toujours avoir l’impression qu’il y a une centralité, qui est la France, et des périphéries. Cette idée doit être de plus en plus relativisée, mais elle persiste, elle est tenace.”

“Je ne m’en fous pas pour les personnes qui auraient besoin de se trouver des symboles. Parce que ça peut être utile pour certaines personnes. Mais ce n’est pas ce que je cherche : je suis un écrivain et je leur dis d’aller lire le livre, et peut-être qu’ils verront autre chose qu’un symbole. C’est par ce livre-là qu’aujourd’hui je suis là.”

“Il faut idéaliser l’espace littéraire comme espace de discussion [entre l’Occident et l’Afrique]”C’est l’espace de discussion le plus fécond. À partir du moment où l’on est dans un livre, petit à petit s’effacent tous les préjugés et les aprioris, pour peu qu’on suspende cette architecture mentale et intellectuelle. Le roman vous met toujours en face de vous-même, c'est toujours un miroir qui vous est tendu et qui vous oblige.”

Mohamed Mbougar Sarr, prix Goncourt 2021, pour son roman "La plus secrète mémoire des hommes" coédité par Philippe Rey et et Jimsaan, est l'invité de Léa Salamé le 4 novembre 2021

« Je suis évidemment très heureux, très honoré. Je crois qu’aujourd’hui, l’Académie Goncourt envoie un signal très fort à beaucoup de gens : d’abord au milieu littéraire français, mais aussi à tous les milieux littéraires de l’espace francophone. Je ne voudrais pas du tout qu’on pensât que cette récompense relève d’un régime d’exceptionnalité. Ce n’est pas une faveur qu’on fait à un auteur africain. Ce n’est pas parce qu’il est africain qu’il l’a eu. J’espère vraiment que c’est parce que, d’abord, il y a un livre à la base de tout cela. Evidemment, je n’ignore pas les questions politiques qu’il peut y avoir derrière une récompense semblable. Je remercie vraiment le jury d’avoir eu ce geste. Ce qui est intéressant, c’est qu’à partir de l’espace littéraire, on peut penser des questions plus politiques liées à l’espace francophone de façon plus générale, au sein duquel figurent la France, le Sénégal, Haïti… Une fois que j’ai dit tout cela, c’est d’abord de littérature dont il s’agit ici. »


Mohamed Mbougar Sarr


Prix Goncourt 2020


Prix Goncourt 2020Le prix Goncourt 2020 a été décerné, lundi 30 novembre 2020 à Hervé Le Tellier pour L’Anomalie.
Il est une chose admirable qui surpasse toujours la connaissance, l’intelligence, et même le génie, c’est l’incompréhension. En juin 2021, un événement insensé bouleverse les vies de centaines d’hommes et de femmes, tous passagers d’un vol Paris - New York. Parmi eux : Blake, père de famille respectable et néanmoins tueur à gages ; Slimboy, pop star nigériane, las de vivre dans le mensonge ; Joanna, redoutable avocate rattrapée par ses failles ; ou encore Victor Miesel, écrivain confidentiel soudain devenu culte. Tous croyaient avoir une vie secrète. Nul n’imaginait à quel point c’était vrai.


Déjà, si on m'avait dit que j'aurais le prix Goncourt ! Je ne pensais pas que c'était une possibilité à envisager... Mais il s'est trouvé une sorte d'alignement de planètes qui fait que les librairies ont rouvert, le Goncourt a été reporté, et donc il n'y a pas eu une ruée, mais il y a quand même beaucoup de gens qui se sont précipités dans les librairies dès leur réouverture.


« Je voulais proposer au lecteur une expérience de réflexion : un "Et si ?". Cette question, je me la pose moi-même à chaque fois que je me précipite dans un personnage. Je me demande comment je réagirai, mais aussi comment le personnage réagirait, mais aussi comment le personnage réagirait, il n'est pas nous. Il faut répondre à ces deux questions simultanément. » Hervé Le Tellier


Prix Goncourt 2019


Prix Goncourt 2019Le prix Goncourt 2019 a été attribué lundi 4 novembre 2019 à l'écrivain Jean-Paul Dubois pour « Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon ». Il remporte le prestigieux prix au second tour de scrutin, par six voix contre quatre, devant Amélie Nothomb pour Soif

Cela fait deux ans que Paul Hansen purge sa peine dans la prison provinciale de Montréal, où il partage une cellule avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre. Fils d'un pasteur danois et d'une exploitante de cinéma à Toulouse, Paul Hansen vivait déjà au Canada quand s'est produit le drame.

À l'époque des faits, Hansen est superintendant à L'Excelsior, une résidence où il trouve à employer ses talents de concierge, de gardien, de factotum, et – plus encore – de réparateur des âmes et consolateur des affligés. Lorsqu'il n’est pas occupé à venir en aide aux habitants de L'Excelsior ou à entretenir les bâtiments, il rejoint Winona, sa compagne.
Aux commandes de son avion, Winona l'emmène en plein ciel, au-dessus des nuages.
Mais bientôt tout change. Un nouveau gérant arrive à L'Excelsior, des conflits éclatent. Et l'inévitable se produit. Une église ensablée dans les dunes d'une plage, une mine d'amiante à ciel ouvert et les méandres d’un fleuve couleur argent, les ondes sonores d'un orgue ou les traînées de condensation d'un aéroplane composent les paysages de ce roman.

Histoire d'une vie, "Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon" est l'un des romans les plus aboutis de Jean-Paul Dubois. On y découvre un écrivain possédant au plus haut point le sens de la fraternité et animé par un sentiment de révolte à l'égard de toutes les formes d’injustice.


C’est un beau roman sur l’échec qui remporte ainsi le plus convoité des prix littéraires français. « Il y a une infinité de façons de gâcher sa vie », assure son narrateur, Paul Hansen. Le Prix Goncourt 2019 décerné à Jean-Paul Dubois pour « Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon »


Prix Goncourt 2018


Prix Goncourt 2018Le prix Goncourt 2018 a été a attribué à Nicolas Mathieu, pour "Leurs enfants après eux" (Actes Sud)

Août 1992. Une vallée perdue quelque part à l’Est, des hauts fourneaux qui ne brûlent plus, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a 14 ans, et avec son cousin, ils s’emmerdent comme c’est pas permis. C’est là qu’ils décident de voler un canoë pour aller voir ce qui se passe de l’autre côté, sur la fameuse plage des culs-nus. Au bout, ce sera pour Anthony le premier amour, le premier été, celui qui décide de toute la suite. Ce sera le drame de la vie qui commence.
Avec ce livre, Nicolas Mathieu écrit le roman d’une vallée, d’une époque, de l’adolescence, le récit politique d’une jeunesse qui doit trouver sa voie dans un monde qui meurt. Quatre étés, quatre moments, de Smells Like Teen Spirit à la Coupe du monde 98, pour raconter des vies à toute vitesse dans cette France de l’entre-deux, des villes moyennes et des zones pavillonnaires, de la cambrousse et des ZAC bétonnées. La France du Picon et de Johnny Halliday, des fêtes foraines et d'Intervilles, des hommes usés au travail et des amoureuses fanées à vingt ans. Un pays loin des comptoirs de la mondialisation, pris entre la nostalgie et le déclin, la décence et la rage.


« C’est à la fois fantastique et assez déstabilisant », a déclaré l’heureux élu encerclé de journalistes et de caméras après avoir remporté le plus grand prix littéraire en France au quatrième tour par 6 voix devant les 4 voix de Paul Greveillac pour Maîtres et esclaves et ayant aussi écarté le grand favori, le Franco-Sénégalais David Diop. « Je ne sais pas jusqu’à quel point ce prix va me faciliter ou compliquer la vie, a réagi Nicolas Mathieu, mais cela va me la changer très profondément. »


Prix Goncourt 2017


Prix Goncourt 2017Le prix Goncourt 2017 a été a attribué à Éric Vuillard  pour L'Ordre du jour

L’Allemagne nazie a sa légende. On y voit une armée rapide, moderne, dont le triomphe parait inexorable. Mais si au fondement de ses premiers exploits se découvraient plutôt des marchandages, de vulgaires combinaisons d’intérêts ? Et si les glorieuses images de la Wehrmacht entrant triomphalement en Autriche dissimulaient un immense embouteillage de panzers ? Une simple panne ! Une démonstration magistrale et grinçante des coulisses de l’Anschluss par l’auteur de «Tristesse de la terre» et de «14 juillet».

«L'Ordre du jour» figure dans la sélection 2018 des meilleurs livres du Boston Globe, a été élu meilleur livre 2018 par la National Public Radio (USA) et a reçu en 2019 le Hay medal for fiction (UK).



Prix Goucourt 2016


Prix Goncourt 2016Le prix Goncourt 2016 a été a attribué à Leïla Slimani pour Chanson douce

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame.
À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c'est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l'amour et de l'éducation, des rapports de domination et d'argent, des préjugés de classe ou de culture.
Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.

"Louise ? Quelle chance vous avez d'être tombés sur elle. Elle a été comme une seconde mère pour mes garçons. Ça a été un vrai crève-coeur quand nous avons dû nous en séparer. Pour tout vous dire, à l'époque, j'ai même songé à faire un troisième enfant pour pouvoir la garder." Lorsque Myriam décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise et sont conquis par son aisance avec Mila et Adam, et par le soin bientôt indispensable qu'elle apporte à leur foyer, laissant progressivement s'installer le piège de la dépendance mutuelle.



Prix Goucourt 2015


Prix Goncourt 2015Le prix Goncourt 2015 a été a attribué à   Mathias Énard pour Boussole

Insomniaque, sous le choc d'un diagnostic médical alarmant, Franz Ritter, musicologue viennois, fuit sa longue nuit solitaire dans les souvenirs d'une vie de voyages, d'étude et d'émerveillements. Inventaire amoureux de l'incroyable apport de l'Orient à la culture et à l'identité occidentales, Boussole est un roman mélancolique et enveloppant qui fouille la mémoire de siècles de dialogues et d'influences artistiques pour panser les plaies du présent.
Après Zone, après Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants, après Rue des Voleurs… l'impressionnant parcours d'écrivain de Mathias Enard s'épanouit dans une magnifique déclaration d'amour à l'Orient.

Prix Goucourt 2014


Prix Goncourt 2014Le prix Goncourt 2014 a été a attribué à Lydie Salvayre   pour Pas pleurer

Deux voix entrelacées. Celle, révoltée, de Georges Bernanos, témoin direct de la guerre civile espagnole, qui dénonce la terreur exercée par les nationalistes avec la bénédiction de l’Église catholique contre les "mauvais pauvres".
Celle, roborative, de Montse, mère de la narratrice et "mauvaise pauvre", qui, soixante-dix ans après les événements, a tout gommé de sa mémoire, hormis les jours radieux de l'insurrection libertaire par laquelle s'ouvrit la guerre de 36 dans certaines régions d'Espagne.
Deux paroles, deux visions qui résonnent étrangement avec notre présent, comme enchantées par l'art romanesque de Lydie Salvayre, entre violence et légèreté, entre brutalité et finesse, portées par une prose tantôt impeccable, tantôt joyeusement malmenée.
Lydie Salvayre a obtenu le prix Hermès du Premier roman pour La Déclaration, le prix Novembre (aujourd'hui prix Décembre) pour La Compagnie des spectres et le prix François Billetdoux pour BW. Ses livres sont traduits dans une vingtaine de langues. Certains ont fait l'objet d'adaptations théâtrales.

Prix Goucourt 2013


Prix Goncourt 2013Le prix Goncourt 2013 a été a attribué à Pierre Lemaitre pour Au revoir là-haut

Pour le commerce, la guerre présente beaucoup d'avantages, même après. Sur les ruines du plus grand carnage du XX° siècle, deux rescapés des tranchées, passablement abîmés, prennent leur revanche en réalisant une escroquerie aussi spectaculaire qu'amorale. Des sentiers de la gloire à la subversion de la patrie victorieuse, ils vont découvrir que la France ne plaisante pas avec Ses morts...

Fresque d'une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d'évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l'après-guerre de 14, de l'illusion de l'armistice, de l'État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants, de l'abomination érigée en vertu. Dans l'atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose la grande tragédie de cette génération perdue avec un talent et une maîtrise impressionnants.



Rescapés du premier conflit mondial, détruits par une guerre vaine et barbare, Albert et Édouard comprennent rapidement que le pays ne pourra rien faire pour eux. Car la France, qui glorifie ses morts, est impuissante à aider les survivants.
Abandonnés, condamnés à l’exclusion, les deux amis refusent pourtant de céder à l’amertume ou au découragement. Défiant la société, l’État et la morale patriotique, ils imaginent une arnaque d’envergure nationale, d’une audace inouïe et d’un cynisme absolu.

Prix Goucourt 2012


Prix Goncourt 2012Le prix Goncourt 2012 a été a attribué à Jérôme Ferrari pour Le Sermon sur la chute de Rome

Dans un village corse perché loin de la côte, le bar local est en train de Connaître une mutation profonde sous l'impulsion de ses nouveaux gérants. À la surprise générale, ces deux enfants du pays ont tourné le dos à de prometteuses études de philosophie sur le continent pour, fidèles aux enseignements de Leibniz, transformer un modeste débit de boissons en "meilleur des mondes possibles". Mais c'est bientôt l'enfer en personne qui s'invite au comptoir, réactivant des blessures très anciennes ou conviant à d'irréversibles profanations des êtres assujettis à des rêves indigents de bonheur, et victimes, à leur insu, de la tragique propension de l'âme humaine à se corrompre.

Entrant, par-delà les siècles, en résonance avec le sermon par lequel Saint Augustin tenta, à Hippone, de consoler ses fidèles de la fragilité des royaumes terrestres, Jérôme Ferrari jette, au fil d'une écriture somptueuse d'exigence, une lumière impitoyable sur la malédiction qui condamne les hommes à voir s'effondrer les mondes qu'ils édifient et à accomplir, ici-bas, leur part d'échec en refondant Sans trêve, Sur le sang ou les larmes, leurs impossibles mythologies.

Empire dérisoire que se sont constitué ceux qui l’ont toujours habité comme ceux qui sont revenus y vivre, un petit village corse se voit ébranlé par les prémices de sa chute à travers quelques personnages qui, au prix de l’aveuglement ou de la corruption de leur âme, ont, dans l’oubli de leur finitude, tout sacrifié à la tyrannique tentation du réel sous toutes ses formes, et qui, assujettis aux appétits de leur corps ou à leurs rêves indigents de bonheur ou d’héroïsme, souffrent, ou meurent, de vouloir croire qu’il n’est qu’un seul monde possible.

Avec « Le Sermon sur la chute de Rome », l’écrivain fait d’un bar corse la scène d’un superbe roman sur les espérances déçues. Matthieu Antonetti et son ami d'enfance Libero Pintus décident d'abandonner leurs études de philosophie pour reprendre le bar mis en gérance dans leur village familial corse où le premier n'a fait que passer ses vacances et le second, fils d'une famille sarde émigrée, a grandi avant de venir faire ses études supérieures à Paris. La famille Antonetti n'a pas vécu en Corse où seul le grand-père Marcel a vu le jour juste après la Première Guerre mondiale, petit-dernier d'une fratrie où il était avant tout proche de sa sœur Jeanne-Marie. Parti dès qu'il a pu se rendre sur le continent pour s'engager dans l'armée, comme son frère aîné Jean-Baptiste, Marcel en raison de problèmes de santé ne peut accomplir son rêve et, après un séjour à Marseille où il épouse une fille Colonna, devient administrateur colonial en Afrique-Équatoriale française. Sa jeune femme meurt en couches et Marcel — qui reste en Afrique plus de vingt ans jusqu'à la décolonisation — confie son fils Jacques à sa sœur Jeanne-Marie qui élève à Paris son neveu comme son propre fils avec sa fille Claudie. Adolescents, les cousins tombent amoureux et malgré l'opposition de la famille — qui finit par céder — décident de se marier donnant naissance à Matthieu et Aurélie.

Prix Goucourt 2011


Prix Goncourt 2011Le prix Goncourt 2011 a été a attribué à Alexis Jenni  pour L'Art français de la guerre



PRIX GONCOURT 2011 : « J’allais mal ; tout va mal ; je me désinstallais, j’attendais la fin. Quand j’ai rencontré Victorien Salagnon, il ne pouvait être pire, il l’avait faite tout entière la guerre de vingt ans qui nous obsède, qui n’arrive pas à finir, il avait parcouru le monde entier avec sa bande armée, il devait avoir du sang jusqu’aux coudes. Mais il m’a appris à peindre. Il devait être le seul peintre de toute l’armée coloniale, mais là-bas on ne faisait pas attention à ces détails. Il m’apprit à peindre, et en échange je lui écrivis son histoire.
Il dit, et je pus montrer, et je vis le fleuve de sang qui traverse ma ville si paisible, je vis l’art français de la guerre qui ne change pas, et je vis l’émeute qui vient toujours pour les mêmes raisons, des raisons françaises qui ne changent pas. Victorien Salagnon me rendit le temps tout entier, à travers la guerre qui hante notre langue. »

L’histoire commence avec la première guerre du Golfe : le narrateur, en pleine crise personnelle, fait la connaissance d’un ancien militaire devenu peintre, Victor Salagnon. À travers les souvenirs de Salagnon défilent cinquante ans d’histoire de France revue à travers le fait militaire : la Deuxième guerre mondiale, l’Indochine, l’Algérie… Au-delà du récit d’une amitié entre deux hommes, une interrogation sur la France contemporaine, en dehors de toute idéologie.

L'histoire se concentre sur la vie du narrateur dont le nom n'est pas précisé, jeune homme désœuvré habitant la banlieue lyonnaise, et sa rencontre avec Victorien Salagnon, un vétéran des guerres d'Indochine et d'Algérie. Les deux hommes vont se lier d'amitié et Victorien Salagnon va initier le jeune narrateur à la peinture tout en lui livrant ses souvenirs sur son passé de militaire.

Considéré pendant de nombreuses semaines comme le favori, le roman reçoit — notamment sous l'impulsion de Régis Debray qui fait campagne pour le livre au sein de l'Académie Goncourt l'année de son élection au sein de la compagnie1 — le 2 novembre 2011 le prix Goncourt au premier tour de scrutin par cinq voix contre trois à Du domaine des murmures de Carole Martinez et aucune à La Belle Amour humaine de Lyonel Trouillot et Retour à Killybegs de Sorj Chalandon.

La narration alterne entre des passages se déroulant dans le passé racontant les expériences de Victorien Salagnon pendant la guerre et des passages dont l'action est contemporaine qui présentent l'évolution du narrateur ainsi que ses réflexions sur la France, ses rapports à l'armée, son héritage colonial ou encore son racisme ambiant.

Prix Goucourt 2010


Prix Goncourt 2010Le prix Goncourt 2010 a été a attribué à  Michel Houellebecq pour La Carte et le Territoire

La Carte et le Territoire est un roman de Michel Houellebecq, paru le 3 septembre 2010 aux éditions Flammarion et ayant reçu le prix Goncourt la même année. Le roman décrit le parcours biographique et créatif de Jed Martin, un artiste français qui rencontre Michel Houellebecq en Irlande afin de lui demander d'écrire le texte d'un catalogue d'exposition, et qui signe son portrait peint. L'auteur a donc l'occasion de décrire une version en partie fictionnelle de lui-même, sous un jour parfois peu avenant de misanthrope. Jed Martin, d'après Michel Houellebecq, « consacra sa vie à la reproduction de représentations du monde, dans lesquelles cependant les gens ne devaient nullement vivre ». Le personnage aurait été en partie inspiré par Pierre Lamalattie. Cinq ans après La possibilité d une île, Michel Houellebecq revient avec un grand roman qui raconte la vie de trois personnages masculins.
Certains y verront un retour aux thèmes d Extension du domaine de la lutte et des Particules élémentaires, d autres salueront un texte puissant, à la fois contemporain et profondément classique, d une admirable maîtrise littéraire.


Si Jed Martin, le personnage principal de ce roman, devait vous en raconter l'histoire, il commencerait peut-être par vous parler d'une panne de chauffe-eau, un certain 15 décembre. Ou de son père, architecte connu et engagé, avec qui il passa seul de nombreux réveillons de Noël.
Il évoquerait certainement Olga, une très jolie Russe rencontrée au début de sa carrière, lors d'une première exposition de son travail photographique à partir de cartes routières Michelin. C'était avant que le succès mondial n'arrive avec la série des « métiers », ces portraits de personnalités de tous milieux (dont l'écrivain Michel Houellebecq), saisis dans l'exercice de leur profession.
Il devrait dire aussi comment il aida le commissaire Jasselin à élucider une atroce affaire criminelle, dont la terrifiante mise en scène marqua durablement les équipes de police.
Sur la fin de sa vie il accédera à une certaine sérénité, et n'émettra plus que des murmures.
L'art, l'argent, l'amour, le rapport au père, la mort, le travail, la France devenue un paradis touristique sont quelques-uns des thèmes de ce roman, résolument classique et ouvertement moderne.

Prix Goucourt 2009


Prix Goncourt 2009Le prix Goncourt 2009 a été a attribué à  Marie NDiaye pour Trois femmes puissantes

Trois Femmes puissantes est un roman de Marie NDiaye paru le 20 août 2009 aux éditions Gallimard et ayant reçu le prix Goncourt la même année. Marie NDiaye a dédié son roman à ses trois enfants Laurène, Silvère et Romaric. Le 2 novembre 2009, ce roman reçoit le prix Goncourt dès le premier tour, fait rare, par cinq voix contre deux pour La Vérité sur Marie de Jean-Philippe Toussaint, et une voix pour Les Heures souterraines de Delphine de Vigan.


Trois récits, trois femmes qui disent non. Elles s'appellent Norah, Fanta, Khady Demba. Chacune se bat pour préserver sa dignité contre les humiliations que la vie lui inflige avec une obstination méthodique et incompréhensible. L'art de Marie NDiaye apparaît ici dans toute sa singularité et son mystère. La force de son écriture tient à son apparente douceur, aux lentes circonvolutions qui entraînent le lecteur sous le glacis d'une prose impeccable et raffinée, dans les méandres d'une conscience livrée à la pure violence des sentiments.


Prix Goucourt 2008


Prix Goncourt 2008Le prix Goncourt 2008 a été a attribué à  Atiq Rahimi pour Syngué sabour


Dans la mythologie perse, Syngué sabour est la pierre de patience, une pierre qu'on dit magique. On peut lui révéler ses malheurs, ses secrets. Cette pierre que tu poses devant toi... devant laquelle tu te lamentes sur tous tes malheurs, toutes tes misères... à qui tu confies tout ce que tu as sur le coeur et que tu n'oses pas révéler aux autres... Tu lui parles, tu lui parles. Et la pierre t'écoute, éponge tous tes mots, tes secrets, jusqu'à ce qu'un beau jour elle éclate. Elle tombe en miettes. Et ce jour-là, tu es délivré de toutes tes souffrances, de toutes tes peines... Comment appelle-t-on cette pierre ?" En Afghanistan peut-être ou ailleurs, une femme veille son mari blessé. Au fond, ils ne se connaissent pas. Les heures et les jours passent tandis que la guerre approche. Et la langue de la femme se délie, tisse le récit d'une vie d'humiliations, dans l'espoir d'une possible rédemption.


Dans un pays en guerre, probablement l'Afghanistan, une femme veille sur le corps de son mari, blessé d'une balle dans la nuque par l'un des hommes de sa milice, et plongé depuis trois semaines dans un coma profond. Cet homme, aux yeux grand ouverts et au souffle régulier comme les prières inlassables de son épouse qui le maintient en vie par perfusion d'eau sucrée-salée, est un combattant de toutes les luttes qui ont traversé son pays. Homme d'armes et de guerre, il fut un mari absent, violent, marié en son absence à cette jeune femme dont il a eu deux filles. La femme entame un long monologue avec son mari, faisant de lui selon la culture perse sa syngué sabour, sa pierre de patience, présente pour recueillir les confessions du monde et les absorber jusqu'à son implosion finale. Elle lui dévoile tous ses secrets d'enfance, de jeune fiancée mariée par son père, et d'épouse qui malgré la peur et la violence de son époux a appris à l'aimer. Les confessions se succèdent, et la femme se délivre au milieu de la guerre qui l'entoure et la touche au plus intime, espérant par là-même occasion faire sortir l'homme de son coma que rien ne semble perturber. Après une ultime révélation ou peut-être dans un songe, la syngué sabour, comme le prétendait la tradition, éclate.


Prix Goucourt 2007


Prix Goncourt 2007Le prix Goncourt 2007 a été a attribué à  Gilles Leroy   pour Alabama Song


Alabama, 1918. Quand Zelda, " Belle du Sud ", rencontre le lieutenant Scott Fitzgerald, sa vie prend un tournant décisif. Lui s'est juré de devenir écrivain : le succès retentissant de son premier roman lui donne raison. Le couple devient la coqueluche du Tout-New York. Mais Scott et Zelda ne sont encore que des enfants : propulsés dans le feu de la vie mondaine, ils ne tardent pas à se brûler les ailes... Gilles Leroy s'est glissé dans la peau de Zelda, au plus près de ses joies et de ses peines. Pour peindre avec une sensibilité rare le destin de celle qui, cannibalisée par son mari écrivain, dut lutter corps et âme pour exister... Mêlant éléments biographiques et imaginaires, Gilles Leroy signe ici son grand "roman américain"


Prix Goucourt 2006


Prix Goncourt 2006Le prix Goncourt 2006 a été a attribué à  Jonathan Littell  pour Les Bienveillantes


Les Bienveillantes est un roman de l’écrivain franco-américain Jonathan Littell, paru en août 2006. En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret ; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien: j'ai fait mon travail, voilà tout; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi ; et pour le reste, vers la fin, j'ai sans doute forcé la limite, mais là je n'étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l'air, le manger, le boire et l'excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif.

Avec cette somme qui s'inscrit aussi bien sous l'égide d'Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l'avait fait : l'épopée d'un être emporté dans la traversée de lui-même et de l'Histoire.

Prix Goucourt 2005


Prix Goncourt 2005Le prix Goncourt 2005 a été a attribué à  François Weyergans pour Trois jours chez ma mère


Le héros de ce roman, un homme désemparé, décide, le jour de ses cinquante ans, d'annuler tous ces rendez-vous afin d'essayer de savoir où il en est. Il voudrait changer de vie, de métier, de femme, de ville, et même d'époque ! "Je refuse, se dit-il, le côté vomitoire de celui qui se penche sur son passé, je veux m'élancer vers le futur". Cependant, il ne peut s'abolir ce passé dont il voudrait se délivrer. Il se souvient d'un voyage de deux mois, en Italie et en Grèce, avec sa femme. Ce voyage a failli les séparer, mais le souvenir qu'il en garde le rend amoureux d'elle. Et pourtant, affirme-t-il, j'aurais passé ma vie à souhaiter vivre avec d'autres femmes qu'elle.

Dans le train, il colla sa tête contre la vitre et aperçut en surimpression, flottant au milieu d'un décor de broussailles, un visage blême et crispé, le sien, avec son front reconnaissable, haut et dégarni, ses paupières gonflées et sa bouche aux lèvres minces. Il eut envie de se dire à lui-même : "Qu'est-ce que je peux faire pour toi ?" Ce visage si près du sien lui inspirait une profonde sympathie. " Nuit après nuit, un homme hyper anxieux voudrait ne pas affronter la vie qui l'attend. Ses souvenirs l'aideront-ils à aller mieux ? Il a fait tant de voyages, du Japon au Canada, tant de rencontres amoureuses. Sa mémoire lui donne le vertige. Il s'invente une série de doubles aux-quels il fait mener une vie sentimentale et sexuelle aussi agitée que la sienne. Il vit depuis trente ans avec Delphine, ils ont deux filles - deux jeunes adultes capables de voir que leur père est dans le pétrin - et il voudrait aller rendre visite à sa mère. Elle vit seule en Provence et aura bien-tôt quatre-vingt-dix ans. Il lui téléphone souvent mais depuis quand ne l'a-t-il pas vue ? Il a d'abord un livre à finir. Sa mère le lui dit : " Tu devrais publier ton roman, sinon les gens vont croire que tu es mort.

Prix Goucourt 2004


Prix Goncourt 2004Le prix Goncourt 2004 a été a attribué à  Laurent Gaudé pour Le Soleil des Scorta


Sous le soleil écrasant du Sud italien, le sang des Scorta transmet, de père en fils, l'orgueil indomptable, la démence et la rage de vivre de ceux qui, seuls, défient un destin retors.

Lorsque commence le récit, Luciano Mascalzone, un traîne-savate vivant de petites rapines, revient après quinze années de prison à Montepuccio, un village des Pouilles aux façades sales où les heures passent dans une fournaise qui abolit les couleurs. Autour, ce ne sont que collines et mer enchevêtrées. « Il m'a fallu du temps mais je reviens. Je suis là. Vous ne le savez pas encore puisque vous dormez. Je longe la façade de vos maisons. Je passe sous vos fenêtres. Vous ne vous doutez de rien. Je suis là et je viens chercher mon dû. » Son dû, c'est Filomena Biscotti, une femme qu'il désire depuis qu'il l'a rencontrée et dont le souvenir n'a cessé de le hanter. Ce que Luciano ignore, c'est que celle qui lui ouvre sa porte et qui se laisse dépuceler est la sœur cadette de celle qu'il convoitait, Immacolata. Battu à mort par les villageois, il meurt dans le dégoût du monde. Immacolata donne naissance à un fils. C'est ainsi que naît la lignée des Mascalzone, qui portera le nom de Scorta : d'une erreur, d'un malentendu. « D'un homme qui s'était trompé. Et d'une femme qui avait consenti à ce mensonge parce que le désir lui faisait claquer les genoux. »
Avec une imagination qui semble avoir atteint son apogée, inondée de fraîcheur et poussée par la musicalité d'un style irréprochable, Laurent Gaudé raconte l'existence des Scorta de 1870 à nos jours. Chronique d'une famille qui vivra certes pauvrement, mais dans l'éternel désir « de manger le ciel et de boire les étoiles », Le Soleil des Scorta est une fresque vivante et volcanique.

Prix Goucourt 2003


Prix Goncourt 2003Le prix Goncourt 2003 a été a attribué à  Jacques-Pierre Amette pour  La Maîtresse de Brecht


En 1948, après quinze ans d’exil, Bertolt Brecht revient à Berlin où le régime communiste compte sur lui pour édifier un théâtre « prolétarien et socialiste », vitrine culturelle du régime. Le dramaturge fait la rencontre d’une actrice, Maria Eich, qui devient sa maîtresse. Il ne sait pas encore que la jeune femme va, jour après jour, noter ses faits et gestes, lire son courrier, rapporter fidèlement ce qu’elle voit et entend aux agents de la Stasi, la police politique. Car, au-delà des honneurs officiels, certains se méfient de l’écrivain qui a passé tant d’années chez les capitalistes américains… Commence alors, dans les coulisses du Berliner Ensemble, un jeu de rôles où, face aux ombres et lumières d’un Brecht à la personnalité complexe, se détache la figure de Maria, instrument docile et pathétique aux mains de l’appareil totalitaire.

Le prix Goncourt 2003, prix Goncourt du centenaire, a couronné ce roman, peinture saisissante d’un Berlin qui se relève péniblement de ses ruines, méditation sur la vérité de l’art aux prises avec les mensonges politiques.

Prix Goucourt 2002


Prix Goncourt 2002Le prix Goncourt 2002 a été a attribué à  Pascal Quignard pour Les Ombres errantes


« Il y a vingt ans j'ai composé les huit tomes des Petits Traités. Ils sont parus aux éditions Maeght. Dernier royaume est un ensemble de volumes beaucoup plus étendu et étrange. Ni argumentation philosophique, ni petits essais érudits et épars, ni narration romanesque, en moi, peu à peu, tous les genres sont tombés. Enfant, durant toute mon enfance, chaque nuit, je tournais la tête du crépuscule jusqu'à l'aube. Cela me paraissait beaucoup plus intéressant que dormir. C'était peut-être un signe de carence mais cela m'excitait. C'est vraiment une tête qui tourne à toute allure que ces volumes. Un éclair de tête. Ce n'est pas un jugement sur le temps ou le monde ou la société ou l'évolution humaine : c'est le petit effort d'une pensée de tout. Une petite vision toute moderne du monde. Une vision toute laïque du monde. Une vision toute anormale du monde. »

Prix Goucourt 2001


Prix Goncourt 2001Le prix Goncourt 2001 a été a attribué à   Jean-Christophe Rufin pour  Rouge Brésil


La conquête du Brésil par les Français est un des épisodes les plus extraordinaires et les plus méconnus de la Renaissance.Rouge Brésil raconte l'histoire de deux enfants, Just et Colombe, embarqués de force dans cette expédition pour servir d'interprètes auprès des tribus indiennes. Tout est démesuré dans cette aventure. Le cadre : la baie sauvage de Rio, encore livrée aux jungles et aux Indiens cannibales. Les personnages - et d'abord le chevalier de Villegagnon, chef de cette expédition, nostalgique des croisades, pétri de culture antique, précurseur de Cyrano ou de d'Artagnan. Les événements : le huis clos dramatique de cette France des Tropiques est une répétition générale, avec dix ans d'avance, des guerres de religion.Fourmillant de portraits, de paysages, d'action, Rouge Brésil, écrit dans une langue à l'ironie voltairienne, prend la forme d'un roman d'éducation et d'amour. Mais plus profondément, à travers les destins et les choix de Just et de Colombe, ce livre met en scène deux conceptions opposées de l'homme et de la nature. D'un côté, la civilisation européenne, conquérante et universelle, qui se veut libératrice et se découvre meurtrière. De l'autre, le monde indien, avec sa sensualité, son sens de l'harmonie et du sacré, le permament appel du bonheur...

Qui a eu 2 fois le prix goncourt ?

  1. 1956 - Romain GARY, Les Racines du ciel (Gallimard)
  2. 1975 - Émile AJAR (Romain Gary), La Vie devant soi (Mercure de France)

Gary est devenu l'un des écrivains les plus populaires et les plus prolifiques de France, écrivant plus de 30 romans, essais et mémoires, dont certains sous un pseudonyme.

Il est le seul à avoir remporté deux fois le Prix Goncourt, un prix de littérature francophone qui n'est décerné qu'une seule fois à un auteur. Gary, qui avait déjà reçu le prix en 1956 pour Les racines du ciel, a publié La vie devant soi en 1975 sous le pseudonyme d'Émile Ajar. L'Académie Goncourt a décerné le prix à l'auteur de ce livre sans connaître son identité.

Le fils du cousin de Gary, Paul Pavlowitch, s'est fait passer pour l'auteur pendant un certain temps. Il obtient donc la récompense deux fois !

Gary a révélé la vérité plus tard dans son livre posthume Vie et mort d'Émile Ajar. Gary a également publié sous les noms de Shatan Bogat, Rene Deville et Fosco Sinibaldi, ainsi que sous son nom de naissance Roman Kacew.

Goncourt des lycéens


Créé et organisé par le ministère de l’Éducation nationale et la Fnac, avec l’accord de l’Académie Goncourt, le Prix Goncourt des Lycéens donne l’opportunité à près de 2000 lycéens de se plonger dans une lecture passionnée et de faire entendre leur voix pour élire leur lauréat, parmi les auteurs sélectionnés par l’Académie.


Les gagnants du goncourt des lycéens de 2001 à 2022 :

  • 2021 : S'ADAPTER de Clara Dupond-Monod, Stock
  • 2020 : LES IMPATIENTES de Djaïli Amadou Amal, Emmanuelle Collas
  • 2019 : LES CHOSES HUMAINES de Karine Tuil, Gallimard
  • 2018 : FRÈRE D’ÂME de David Diop, Seuil
  • 2017 : L’ART DE PERDRE d'Alice Zeniter, Flammarion
  • 2016 : PETIT PAYS de Gaël Faye, Grasset
  • 2015 : D’APRÈS UNE HISTOIRE VRAIE de Delphine de Vigan. JC Lattès
  • 2014 : CHARLOTTE de David Foenkinos, Gallimard
  • 2013 : LE QUATRIÈME MUR de Sorj Chalandon, Grasset
  • 2012 : LA VÉRITÉ SUR L’AFFAIRE HARRY QUÉBERT de Joël Dicker, Éditions Fallois
  • 2011 : DU DOMAINE DES MURMURES de Carole Martinez, Gallimard
  • 2010 : PARLE-LEUR DE BATAILLES, DE ROIS ET D’ÉLÉPHANTS de Mathias Énard, Actes sud
  • 2009 : LE CLUB DES INCORRIGIBLES OPTIMISTES de Jean-Michel Guenassia, Albin Michel
  • 2008 : UN BRILLANT AVENIR de Catherine Cusset, Gallimard
  • 2007 : LE RAPPORT DE BRODECK de Philippe Claudel, Stock
  • 2006 : CONTOURS DU JOUR QUI VIENT de Léonora Miano, Plon
  • 2005 : MAGNUS de Sylvie Germain, Albin Michel
  • 2004 : UN SECRET de Philippe Grimbert, Grasset
  • 2003 : FARRAGO de Yann Apperry, Grasset
  • 2002 : LA MORT DU ROI TSONGOR de Laurent Gaudé, Actes Sud
  • 2001 : LA JOUEUSE DE GO de Shan Sa. Grasset

  • Prix Goncourt de 2001 à 2022 - Les gagnants du Prix Goncourt




    Goncourt 2022


    Prix Goncourt des détenus


    Un Goncourt des détenus, nouveau prix littéraire, a été lancé lundi 14 mars 2022 par les ministres de la Culture, Roselyne Bachelot, et de la Justice, Éric Dupond-Moretti, à la maison d'arrêt d'Aix-Luynes, dans les Bouches-du-Rhône. "Les quinze ouvrages sélectionnés par l'académie Goncourt seront proposés à la délibération et aux votes des personnes détenues dans 30 établissements pénitentiaires qui se seront portés candidats. Le 15 décembre prochain, le lauréat sera dévoilé", a expliqué Roselyne Bachelot.



    Prix Goncourt de 1903 à 2022 - Les lauréats


    2021 - Mohamed MBOUGAR SARR, L'Anomalie (Coédition Philippe Rey/Jimsaan )
    2020 - Hervé LE TELLIER, La Plus Secrète Mémoire des hommes (Actes Sud)
    2019 - Jean-Paul DUBOIS, Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon (Actes Sud)
    2018 - Nicolas MATHIEU, Leurs enfants après eux (Actes Sud)
    2017 - Eric VUILLARD, L'Ordre du jour (Actes Sud)
    2016 - Leïla SLIMANI, Chanson douce (Gallimard)
    2015 - Mathias ENARD, Boussole (Actes Sud)
    2014 - Lydie SALVAYRE, Pas pleurer (Seuil)
    2013 - Pierre LEMAITRE, Au revoir là-haut (Albin-Michel)
    2012 - Jérôme FERRARI, Le sermon sur la chute de Rome (Actes Sud)
    2011 - Alexis JENNI, L'Art français de la guerre (Gallimard) 
    2010 - Michel HOUELLEBECQ, La Carte et le Territoire (Flammarion)
    2009 - Marie NDIAYE, Trois Femmes puissantes (Gallimard)
    2008 - Atiq RAHIMI, Syngué sabour : Pierre de patience (P.O.L.)
    2007 - Gilles LEROY, Alabama song (Mercure de France)
    2006 - Jonathan LITTELL, Les Bienveillantes (Gallimard)
    2005 - François WEYERGANS, Trois jours chez ma mère (Grasset)
    2004 - Laurent GAUDÉ, Le Soleil des Scorta (Actes Sud)
    2003 - Jacques-Pierre AMETTE, La Maîtresse de Brecht (Albin Michel)
    2002 - Pascal QUIGNARD, Les Ombres errantes (Grasset)
    2001 - Jean-Christophe RUFIN, Rouge Brésil (Gallimard)
    2000 - Jean-Jacques SCHUHL, Ingrid Caven (Gallimard)
    1999 - Jean ECHENOZ, Je m'en vais (Minuit)
    1998 - Paule CONSTANT, Confidence pour confidence (Gallimard)
    1997 - Patrick RAMBAUD, La Bataille (Grasset)
    1996 - Pascale ROZE, Le Chasseur Zéro (Albin Michel)
    1995 - Andreï MAKINE, Le Testament français (Mercure de France)
    1994 - Didier VAN CAUWELAERT, Un aller simple (Albin Michel)
    1993 - Amin MAALOUF, Le Rocher de Tanios (Grasset)
    1992 - Patrick CHAMOISEAU, Texaco (Gallimard)
    1991 - Pierre COMBESCOT, Les Filles du Calvaire (Grasset)
    1990 - Jean ROUAUD, Les Champs d'honneur (Minuit)
    1989 - Jean VAUTRIN, Un grand pas vers le Bon Dieu (Grasset)
    1988 - Erik ORSENNA, L'Exposition coloniale (Seuil)
    1987 - Tahar BEN JELLOUN, La Nuit sacrée (Seuil)
    1986 - Michel HOST, Valet de nuit (Grasset)
    1985 - Yann QUEFFÉLEC, Les Noces barbares (Gallimard)
    1984 - Marguerite DURAS, L'Amant (Minuit)
    1983 - Frédérick TRISTAN, Les Égarés (Balland)
    1982 - Dominique FERNANDEZ, Dans la main de l'Ange (Grasset)
    1981 - Lucien BODARD, Anne Marie (Grasset)
    1980 - Yves NAVARRE, Le Jardin d'acclimatation (Flammarion)
    1979 - Antonine MAILLET, Pélagie la Charrette (Grasset)
    1978 - Patrick MODIANO, Rue des boutiques obscures (Gallimard)
    1977 - Didier DECOIN, John l'Enfer (Seuil)
    1976 - Patrick GRAINVILLE, Les Flamboyants (Seuil)
    1975 - Émile AJAR (Romain Gary), La Vie devant soi (Mercure de France)
    1974 - Pascal LAINÉ, La Dentellière (Gallimard)
    1973 - Jacques CHESSEX, L'Ogre (Grasset)
    1972 - Jean CARRIÈRE, L'Épervier de Maheux (J.J. Pauvert)
    1971 - Jacques LAURENT, Les Bêtises (Grasset)
    1970 - Michel TOURNIER, Le Roi des aulnes (Gallimard)
    1969 - Félicien MARCEAU, Creezy (Gallimard)
    1968 - Bernard CLAVEL, Les Fruits de l'hiver (Laffont)
    1967 - André Pieyre de MANDIARGUES, La Marge (Gallimard)
    1966 - Edmonde CHARLES-ROUX, Oublier Palerme (Grasset)
    1965 - Jacques BOREL, L'Adoration (Gallimard)
    1964 - Georges CONCHON, L'État sauvage (Albin Michel)
    1963 - Armand LANOUX, Quand la mer se retire (Julliard)
    1962 - Anna LANGFUS, Les Bagages de sable (Gallimard)
    1961 - Jean CAU, La Pitié de Dieu (Gallimard)
    1960 - Vintila HORIA, Dieu est né en exil (Fayard), attribué, mais non décerné. 
    1959 - André SCHWARTZ-BART, Le Dernier des justes (Seuil)
    1958 - Francis WALDER, Saint-Germain ou la Négociation (Gallimard)
    1957 - Roger VAILLAND, La Loi (Gallimard)
    1956 - Romain GARY, Les Racines du ciel (Gallimard)
    1955 - Roger IKOR, Les Eaux mêlées (Albin Michel)
    1954 - Simone de BEAUVOIR, Les Mandarins (Gallimard)
    1953 - Pierre GASCAR, Les Bêtes (Gallimard)
    1952 - Béatrix BECK, Léon Morin, prêtre (Gallimard)
    1951 - Julien GRACQ, Le Rivage des Syrtes (José Corti), refusé par l'auteur
    1950 - Paul COLIN, Les Jeux sauvages (Gallimard)
    1949 - Robert MERLE, Week-end à Zuydcoote (Gallimard)
    1948 - Maurice DRUON, Les Grandes familles (Julliard)
    1947 - Jean-Louis CURTIS, Les Forêts de la nuit (Julliard)
    1946 - Jean-Jacques GAUTIER, Histoire d'un fait divers (Julliard)
    1945 - Jean-Louis BORY, Mon village à l'heure allemande (Flammarion)
    1944 - Elsa TRIOLET, Le premier accroc coûte 200 francs (Gallimard)
    1943 - Marius GROUT, Passage de l'homme (Gallimard)
    1942 - Marc BERNARD, Pareils à des enfants (Gallimard)
    1941 - Henri POURRAT, Vent de Mars (Gallimard)
    1940 - Francis AMBRIÈRE, Les Grandes vacances (Nouvelle France)
    1939 - Philippe HÉRIAT, Les Enfants gâtés (Gallimard)
    1938 - Henri TROYAT, L'Araigne (Plon)
    1937 - Charles PLISNIER, Faux Passeports (Corrêa)
    1936 - Maxence VAN DER MEERSCH, L'Empreinte du dieu (Albin Michel)
    1935 - Joseph PEYRÉ, Sang et lumières (Grasset)
    1934 - Roger VERCEL, Capitaine Conan (Albin Michel)
    1933 - André MALRAUX, La Condition humaine (Gallimard)
    1932 - Guy MAZELINE, Les Loups (Gallimard)
    1931 - Jean FAYARD, Mal d'amour (Fayard)
    1930 - Henri FAUCONNIER, Malaisie (Stock)
    1929 - Marcel ARLAND, L'Ordre (Gallimard)
    1928 - Maurice CONSTANTIN-WEYER, Un homme se penche sur son passé (Rieder)
    1927 - Maurice BEDEL, Jérôme 60° latitude nord (Gallimard)
    1926 - Henri DEBERLY, Le Supplice de Phèdre (Gallimard)
    1925 - Maurice GENEVOIX, Raboliot (Grasset)
    1924 - Thierry SANDRE, Le Chèvrefeuille, le Purgatoire, le Chapitre XIII (Gallimard)
    1923 - Lucien FABRE, Rabevel ou le Mal des ardents (Gallimard)
    1922 - Henri BÉRAUD, Le Vitriol de Lune et Le Martyre de l'obèse (Albin Michel)
    1921 - René MARAN, Batouala (Albin Michel)
    1920 - Ernest PÉROCHON, Nêne (Clouzot puis Plon)
    1919 - Marcel PROUST, À l'ombre des jeunes filles en fleurs (Gallimard)
    1918 - Georges DUHAMEL, Civilisation (Mercure de France)
    1917 - Henry MALHERBE, La Flamme au poing (Albin Michel)
    1916 - Henri BARBUSSE, Le Feu (Flammarion)
    1915 - René BENJAMIN, Gaspard (Fayard)
    1914 - Adrien BERTRAND, L'Appel du sol (Calmann-Lévy) (décerné en 1916)
    1913 - Marc ELDER, Le Peuple de la mer (Calmann-Lévy)
    1912 - André SAVIGNON, Filles de la pluie (Grasset)
    1911 - Alphonse de CHATEAUBRIANT, Monsieur des Lourdines (Grasset)
    1910 - Louis PERGAUD, De Goupil à Margot (Mercure de France)
    1909 - Marius-Ary LEBLOND, En France (Fasquelle)
    1908 - Francis de MIOMANDRE, Écrit sur de l'eau... (Émile-Paul)
    1907 - Émile MOSELLY, Terres lorraines et Jean des Brebis ou le ivre de la misère (Plon)
    1906 - Jérôme et Jean THARAUD, Dingley, l'illustre écrivain (Cahiers de la Quinzaine)
    1905 - Claude FARRÈRE, Les Civilisés (Paul Ollendorff)
    1904 - Léon FRAPIÉ, La Maternelle (Albin Michel)
    1903 - John-Antoine NAU, Force ennemie (Plume)


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